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À l’aube de la Journée Mondiale des Réfugiés, célébrée tous les 20 juin, focus sur le parcours inspirant de Marie ETAH, une jeune Camerounaise réfugiée au Sénégal. Passionnée de mécanique, elle bouscule les clichés, et se forge sa place dans un métier communément qualifié d’” hommes”.
Âgée de 29 ans, Marie ETAH est une jeune femme d’origine Camerounaise, qui a été contrainte de tout abandonner et de quitter son pays avec son époux, suite aux violents conflits armés dont elle a été victime au nord du Cameroun.
Après une première recherche d’asile en Centrafrique, malheureusement soldée par la perte de son mari et des agressions sexuelles, elle s’est réfugiée au Sénégal, par le biais d’une de ses connaissances.
Si la vie n’a pas fait de cadeau à la jeune dame, elle ne lui a pas pour autant retirer son courage et sa bravoure
Marie avait un rêve, bien avant l’exil : celui de faire de la mécanique. « J’aime les défis, les choses différentes. Je voulais être utile, apporter des solutions, rendre service. La mécanique me permet tout ça. », a-t-elle confié. Formée au Cameroun en Mécanique Auto, elle a exercé dans un petit garage en Centrafrique avant de poursuivre son chemin au Sénégal.
Grâce au soutien de l’ONG Green Village Foundation (GVF), elle obtient un stage chez EMG, une entreprise spécialisée dans la vente de véhicules et le service après-vente. Elle y travaille aujourd’hui au service d’entretien, où elle compte deux ans et demi d’expérience, sur un total de cinq ans de pratique dans le métier.
Dans les ateliers du groupe automobile EMG, elle a l’opportunité de continuer d’exercer sa passion. Elle manie les outils, détecte les pannes… et fait quotidiennement ses preuves.
« Ce métier demande du caractère, de la rigueur, de la détermination. Il faut faire ses preuves et se mettre à la hauteur des attentes. Surtout quand on est une femme dans un milieu d’hommes », avoueMarie.
Même si elle n’est engagée qu’en tant que stagiaire, la jeune femme dit être autonome et arriver à subvenir à ses besoins tant bien que mal, avec son modeste salaire de 75.000F.
Marie ETAH ne manque pas de faire bonne impression auprès de ses collègues. D’après le témoignage de son coéquipier Sidibé « Elle fait très bien son travail. Elle est très intelligente. »
« Elle aime ce qu’elle fait. Je suis satisfait à 70%. Ce qu’il lui manque, c’est la rapidité, mais ça viendra avec le temps », a quant à lui déclaré le patron de l’atelier.
Ambitieuse est pleine de rêves, Marie veut se former, se perfectionner sur les nouveaux outils et véhicules. Elle espère un jour diriger une équipe et sortir des tâches les plus physiques. Car si elle est résiliente, elle reste aussi lucide sur la réalité. « J’ai tout perdu. Mes papiers, mes diplômes. Je voudrais pouvoir les refaire. Et j’aimerais recevoir des formations pour progresser. »
Le conseil de la jeune dame aux autres réfugiés, apprendre à se relever malgré les blessures.
Elle souhaite qu’il y’ait plus d’opportunités de formation ou d’accompagnement financiers, pour ceux et celles qui voudraient entreprendre.
Aux femmes particulièrement, elle adresse un message fort : « Croyez en vous. On est capables, nous aussi. Il ne faut pas se décourager à cause du statut de réfugiée. »
Pour Marie, la résilience, c’est ça : « S’accrocher. Toujours. Et avancer malgré les difficultés. »